J'ai peur de l'avenir. Mais j'avance quand même. Tu le vois. Tu le vois ! Le vois-tu Esteban ? Tu ne vois rien, tu es mort. Stupide. Contrairement à toi, je suis là, en vie. Et incapable d'avancer. Immobile, comme figée. J'ai depuis bien longtemps perdu l'illusion que ma présence pourrait influencé le monde. Alors pourquoi m'assaille-t-on de questions ? Je répond machinalement d'un insolent « j'sais pas ». Mais le temps ne s'arrête plus pour moi. Et tout ce foutu bordel ne cesse de tourner . Jusqu'à m'en donner la gerbe. Je vomirais, y'a qu'ça. C'est tout ce que tu es capable de me dire ? Monsieur L. ? Tu es déjà parti. As-tu déjà été là ? Peu m'importe, je ne te retiens plus. Je déverserais ma gerbe à tes pieds. Du dégoût ? C'est bien pire que ça, Monsieur L. Ne te plains pas. Non, je t'en supplie, ne t'excuse pas, quelle hypocrisie ! Tu fais partie de cette masse sans vie qui avance sans but. Bourrée de préjugés, nourrit à l'illusion et droguée à la jalousie, la méfiance, et la peur. Tu ne sortiras jamais de ce chemin sans fin. J'suis pas dupe, connard. Beaucoup de gens t'ont rejoins. Trop de gens. Noyés dans la vague du désir de puissance, sans fin, sans fin. Bois la tasse de l'inconscience, impuissant. Et derrière le fin masque du sourire, je te cherche en vain. Un fin masque qui cède face à des larmes incontrôlées. Tu n'es plus là. Que toutes ces belles promesses volent au vent, loin, si loin, qu'on les oublie. Ta main n'est plus là, étrangère et distante. L'absence de manque est associée au bonheur. Réjouis-toi. Je ne ressens aucun manque. Me crois-tu heureuse ? Sal con. Marche, jusqu'à ce que ton ombre devienne égale à l'importance que je te porte, désormais. Ainsi va la vie, me dirais-tu. Sache que ma vie va sans toi aujourd'hui, indépendamment de moi, de toi ?
J'ai toujours eu peur de l'avenir. Et j'avance malgré moi. Mais tu ne le vois pas. Tu ne le vois pas. Le vois-tu G. ? Tu ne vois rien, tu es mort.
J'ai toujours eu peur de l'avenir. Et j'avance malgré moi. Mais tu ne le vois pas. Tu ne le vois pas. Le vois-tu G. ? Tu ne vois rien, tu es mort.
